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Voici quelques
43 années, j’épousais une demoiselle
CORNEILLE, ce jour là, par un Oui solennel,
elle perdait à la fois son ‘’titre’’ de
demoiselle mais aussi son nom pour devenir
Madame BAILLY.
Il en est
ainsi depuis des siècles, c’est dire combien
de noms sont passés à la trappe de l’oubli,
alors qu’ils étaient des nôtres. Une
généalogie c’est sauver un peu de ce
patrimoine aussi je n’aurais pas voulu que
celui de mon épouse ne soient pas connu. C’est avec la
même ardeur que j’ai cherché à connaître
génération après génération les couples
ascendants de mon épouse.
Pour la
présentation, dans un souci de clarté j’ai
conservé le même découpage à partir des
grands-parents :
Voici la
première des quatre ascendances à partir du
grand-père paternel : Henri Alfred Philomène
CORNEILLE, né en 1865, marié à Célina MAIROT,
en deuxième noce à Louise GENRE-GRANDPIERRE.
Il est décédé à Besançon en 1931. Nous allons
remonter le temps sur sept générations à
partir de ce grand-père, neuf à partir de
mon épouse. L’on verra que nombre de
quartiers d’ascendance se perdent chez nos
voisins Helvètes et ce n’est pas la moindre
des découvertes. Je vous
souhaite un bien agréable cheminement à
travers cette généalogie des CORNEILLE.
Le
Patronyme.
Le processus
de formation des noms est on ne peut plus
simple. Il nous faut cependant remonter au
XI° et XII° siècle pour voir le nom d’un des
membres de la famille, généralement le chef
du feu, servir à dénommer tous les membres
de la famille. Ce nom devient dès lors
héréditaire. Pour
comprendre le sens et la valeur de ces noms,
il faudrait connaître le contexte général de
l’époque à laquelle ils ont été formés et ce
n’est pas simple. Cependant tous ces noms
ont un secret qui a fait qu’un jour un de
nos lointains ancêtre, reçu ce nom, ce
surnom ou ce sobriquet avant de nous le
transmettre.
Arrêtons-nous
à ces derniers. Ces surnoms étaient formés
par analogie aux animaux, aux oiseaux
domestiques ou sauvages, très familiers de
nos ancêtres ruraux et qui représentaient à
leurs yeux une qualité, un défaut ou une
particularité dont le porteur pouvait
s’identifier. C’est le cas dans cette
ascendance de nos CHEVAL qui était symbole
de force et de vitesse d’où sans doute une
des qualités de nos ascendants. C’est le cas
aussi de nos DOSDANE qui peut avoir son
origine dans un homme particulièrement
robuste ou peut-être bossu.
Alors nos
CORNEILLE, analogie avec l’oiseau ??? Y
trouverions-nous un homme bavard ou
braillard ???
C’est
effectivement ce qui vient à l’esprit et
cependant le nom corneille donné à cet
oiseau de la même famille que le corbeau n’a
son origine que bien après la formation des
noms. C’est dire qu’il y a peu de chance
d’attribuer l’origine du patronyme CORNEILLE
par l’analogie à l’oiseau.
Il nous faut
donc rechercher une autre origine, qui
pourrait être un nom de baptême. En effet,
depuis l’antiquité les hommes étaient
baptisés sous des noms religieux, d’action
de grâce, ou sous des noms de saints latins,
grecs ou germaniques. Or justement CORNEILLE
pourrait avoir comme origine ce vieux nom de
baptême latin du saint CORNELIUS, devenu nom
de famille au même titre que les CORNILLE,
CORNILLON et autres CORNILLET*.
-
On trouve
des CORNILLON dans la Drôme, le Gard,
l’Isère. Des CORNEIL dans l’Eure, des
CORNEILLÉ en Ile et Vilaine, CORNEILLON
dans le Gers, CORNEILLAN dans l’Hérault,
CORNEILLE dans l’Oise et le Val d’Oise.
Il s’agit d’un
nom très ancien et connu aussi hors de nos
frontières puisqu’on en trouve en Allemagne,
en Hollande, en Italie… On peut même
rappeler qu’au III° siècle, un pape Romain
du nom de CORNEILLE fut élu. Plus près de
nous, nous ne pouvons passer sous silence le
plus connu, Pierre CORNEILLE, qui est avec
MOLIÈRE, l’homme qui aura le plus marqué
l’art classique du Théâtre Français. Il est
né à Rouen en 1606, décédé en 1684, fils
d’avocat. Il n’a donc rien à voir avec notre
famille qui, à cette époque se débattait
dans la pauvreté rurale du Val de Morteau.
Ce Pierre CORNEILLE est le plus connu mais
il y eu aussi son frère poète célèbre, ainsi
que des peintres et des graveurs qui ont
marqué leur époque.
Et les
nôtres ? Le plus ancien
retrouvé, décédé en 1693 à Frambouhans est
dit ‘’originaire de Mortau’’. Hors justement
dès 1399, dans le val de Morteau on y trouve
des familles ‘’CORNOILLE’’ qui sembleraient
même être le point de départ de notre
ascendance. Ceci, bien évidemment donnerait
une autre orientation à l’origine de notre
patronyme, puisant, cette fois sa source à
partir de l’arbre ‘’le cornouiller’’ et de
subir ensuite une déformation
orthographique.
Alors c’est
peut-être par la recherche des porteurs
actuels du patronyme CORNEILLE que nous
pourrons situer géographiquement l’origine
en France.
Cette
recherche a permis de répertorier :
449 foyers portant le nom de CORNEILLE,
81 départements sont concernés,
16 départements où ce patronyme est absent.
À ces 499
foyers en y ajoutant les 20% habituels de
foyers non répertoriés pour raisons
diverses, la conclusion est sans appel, le
patronyme CORNEILLE fait partie des peu
répandus avec un département sur six où il
n’existe pas. Pour
l’ensemble de la France on peut estimer à
environ 1.500 personnes porteuses du
patronyme en données corrigées et à raison
d’une moyenne de deux et demi personnes par
foyer (les BAILLY son environs 22.000).
La surprise
vient de notre département du Doubs qui est
de loin celui où l’on trouve le plus grand
nombre de porteurs du patronyme avec 53
foyers représentant 12% du total de
l’ensemble des porteurs. Vient ensuite
les Ardennes 25 foyers, L’Hérault 22 foyers,
la Marne, 16 foyers, l’Indre et Loire 15
foyers. L’autre
surprise viendra certainement de savoir
qu’il y a 21 foyers CORNEILLE en Guadeloupe,
3 en Martinique et 2 en Guyane (à Cayenne),
aucun à la Réunion.
Il y a en
France, 17 départements avec un seul abonné
et seulement 24 départements ont plus de 5
foyers CORNEILLE répertoriés. On est surpris
de découvrir qu’il y a moins de CORNEILLE
dans des villes comme Lyon ou Marseille qu’à
Maîche (Doubs). Autre constat, dans la
‘’patrie’’ de Pierre CORNEILLE, en
Seine-Maritime, il n’y a que trois foyers
porteurs de ce patronyme.
La
constatation s’impose, le département du
Doubs est de loin celui qui a sur son sol le
plus grand nombre de CORNEILLE. Cependant la
toute relative importance du patronyme dans
ce département ne signifie nullement une
migration à partir de cette région puisque
les départements limitrophes ont peu de
foyers porteurs de ce patronyme ; seulement
deux en Haute-Saône, aucun dans le Jura,
neuf dans le territoire de Belfort.
Attachés à
leur terre par nécessité plus que par
intérêt au fil des générations les
CORNEILLE, se sont dispersés, abandonnant
pour la plupart le travail de la terre, sans
pourtant pour la grande majorité quitter le
Doubs. Morteau ou
plutôt le Val de Morteau pourrait être le
point de départ de notre ascendance
CORNEILLE, cependant les CORNEILLE y furent
peu nombreux et il n’y en aurait aucun
aujourd’hui ? Par contre à Frambouhans, les
CORNEILLE de notre ascendance furent
nombreux sur plusieurs générations et il y a
encore aujourd’hui deux familles. C’est à Maîche
avec sept abonnés où l’on compte le plus de
CORNEILLE suivi de St Hyppolyte avec six et
Besançon quatre. L’ensemble des
53 abonnés du département du Doubs sont
répartis dans 10 communes. Un nombre de
porteurs aussi faible pour une région aussi
étendue n’est peut-être que l’essaimage
après 8 ou 10 générations de la descendance
d’une seule famille.
Et si c’était
justement de celle originaire de Morteau
dont il est question dans cette présente
ascendance : tous les CORNEILLE qui nous
entourent seraient alors COUSINS ???.
Mortau est l'ancienne orthographe
toponymique de Morteau dans le Doubs avant
1693.
Considérer le point de départ de
l'ascendance CORNEILLE comme étant de
Frambouhans est à la fois vrai et faux :
- Vrai car
cette ascendance est clairement établie
depuis ce lieu avec comme points de repère
précis l'acte de mariage de Jacques et la
naissance de ses enfants.
- Faux, parce
que ce serait oublier que ce même Jacques
est dit "originaire de Mortau" et son père
Claude, décédé à Frambouhans, était lui
aussi comme précisé sur l'acte de décès
"originaire de Mortau" ce qui ne signifie
par forcément qu'y y soit né. Notre
curiosité nous pousse à rechercher quelle
pouvait être en cette fin du 17° siècle
l'implantation des CORNEILLE dans cette
paroisse de Mortau. Ce n'est assurément pas
facile car les registres les plus anciens
qui nous soient parvenus, y sont de 1711,
avec une lacune importante de 1723 à 1737.
Le registre en latin est heureusement bien
conservé et bien écrit. Les actes sont
nombreux, ce qui prouve que cette paroisse
avec les hameaux et les nombreuses fermes en
"écart" qui y étaient rattachés avaient une
population non négligeable. En 1749, il y
avait 238 feux, ce qui se traduit par un bon
millier d'habitants. Pour avoir une idée de
leur implantation, compulsons, avec
patience, le registre paroissial à la
recherche des baptêmes, mariages et
sépultures ayant pour patronyme CORNEILLE.
Sur une période de 9 ans, 1711 à 1720
inclus, il n'y a que 3 mariages :
Le 04.11.1719
TOURNIER Louis et Françoise CORNEILLE,
Le 16.11.1719
RICHARD François et Jeanne Antide CORNEILLE,
Le 15.04.1720,
CORNEILLE François et Catherine MIOTTE (de
Mortau.
nota : les
parents de Louis TOURNIER, de Lièvremont,
sont Louis, père et Antonia (en latin)
CORNEILLE, dite de Mortau. Si on considère
que cette Antonia avait 40 ans au mariage de
son fils, elle serait née avant 1679.
On peut supposer que ces 3 mariages soient
probablement ceux de CORNEILLE, frères et
sœurs. Sur la période de 10 ans qui suit, il
n'y a pas d'autres actes.
En poursuivant les recherches uniquement sur
les décès, on en trouve un seul durant les
années 1721-22-23 : CORNEILLE François
Antoine, âgé d'environ 60 ans, de Mortau. Ce
François, né vers 1661, est-il un frère à
notre Jacques ? C'est-à-dire un fils de
Claude qui n'aurait pas suivi la famille
lors du départ vers Frambouhans ? Pas
impossible mais il ne s'agit là que d'une
supposition. En 1750, le patronyme est
encore cité dans les registres paroissiaux
mais aujourd'hui, il en serait disparu.
Cependant, le berceau des CORNEILLE se
situerait au hameau des Suchaux, village des
Fins, un des cinq quartiers du Val de
Morteau sous l'ancien Régime. On y trouve la
famille CORNEILLE sans interruption depuis
les origines jusqu'à la guerre de dix ans :
en 1399, on note la présence d'un Prétot
CORNOILLE, en 1434, celle d'un Jehan
CORNOILLE. En 1510, la seigneurie de
Beaumont possédait "1/2 soiture de prél"
à Grand Fontaine que tenait Guillaume et
Anne CORNEILLE, de Morteau.
À partir de 1500, ce sont des CORNEILLE :
Girard, Estevenin, Huguenin, Jehan et
d'autres. En 1632 : Antoine, Claude, Jehan,
David, Germain etc... Concernant Antoine
CORNEILLE, nous trouvons sur les registres
paroissiaux de Morteau 4 naissances toutes
aux Suchaux :
- Le
27.05.1641 : Étiennette, avec pour parrain
Jacques MILLAUX, des Suchaux et pour
marraine Étiennette CORNEILLE,
- Le
26.06.1644 : Georges avec pour parrain
Georges PARROZ, des Suchaux et pour marraine
Clauda PERRIN,
- Le
21.09.1645 : Claude avec pour parrain Claude
MARION, des Suchaux et pour marraine Rose
JEANPERRIN, procuration d'Henriette PERRIN.
- Le
18.10.1645 : Philippine avec pour parrain
Antoine LANDRI, des Suchaux et pour marraine
Philippine MADUR.
Alors, ce Claude CORNEILLE, né en 1645,
pourrait être notre Claude, décédé à
Frambouhans en 1693 "assez avancé en âge,
originaire de Mortau" ? Dans ce cas, "avancé
en âge" serait 48 ans ! Bien entendu
notre vision actuelle ne corresponda pas à
cette constation faite par le curé, mais à
cette époque, l'approche de la cinquantaine
avait déjà bien marqué son homme...
N'oublions pas que son épouse, née vers 1640
avait en
1693, environ 53 ans ! Alors ? ... Ce Claude
serait-il notre ascendant et Antoine
CORNEILLE/Anne PERRIN (ou PERROZ), ses
parents seraient dans notre ascendance, nés
de toute évidence avant 1620 ?
D'autre part, nous avons 3 naissances d'une
Étiennette CORNEILLE, des Fenelots, dont le
mari est Claude FEVRE :
- Le
15.08.1641 : Jacques avec pour parrain
Jacques BRAILLARD - MILLAUD et pour marraine
Clauda VUILLAUME - GINDOT,
- Le
02.05.1645 : Claude avec pour parrain Claude
FRESCHOT, des Fenelots et pour marraine
Claude FEVRE,
- Le
01.04.1646 : Jean avec pour parrain Jean
VUILLAUME, des Fénelots et pour marraine
Françoise CUENOT.
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