Rémy Démoly

 

Périodes d'histoire en Franche-Comté

 

Généalogie des Démoly - De Moly - Demolys - etc...

Rémy Démoly - Périodes d'Histoire en Franche Comté

 

BOURREAUX de FRANCHE-COMTÉ

http://www.demolyremy.fr/

Extrait de :
Liste des bourreaux de France établie en s'appuyant sur le Dictionnaire historique et anecdotique des bourreaux de Michel DEMOREST et les travaux de très nombreux contributeurs, notamment les membres de la liste http://fr.groups.yahoo.com/group/bourreau , qui vous invitent à les rejoindre. Elle est forcément lacunaire et parfois erronée, mais constitue un point de départ intéressant pour les chercheurs, généanautes et cercles généalogiques. Les informations généalogiques qui la complètent sont indexées à cette adresse: http://gw.geneanet.org/kleio2 . Toute information complémentaire peut être envoyée à ghersinicolas@yahoo.fr .
Méthode : les actes vérifiés comportent le nom des parrain/marraine pour les baptêmes, des témoins pour les mariages et décès. La mention « patronyme isolé » signale que son porteur n’appartient probablement pas à une dynastie d’exécuteurs.

 

3) Désiré GIBOZ bourreau de Bourg-en-Bresse en 1792. Patronyme isolé, orthographié aussi Gibaux ou Giboux. Fils de Joseph et de Claudine Lambert, il est né vers 1767 à Lons-le-Saunier et il y épouse vers 1790 Françoise Dutronchet (actes non vus). Un Pierre Giboz aurait été aide-exécuteur d’Alençon de 1793 à 1810 : peut-être est-ce son frère. Désiré Giboz, boulanger puis tisserand à Lons-le-Saunier, devient pour des raisons inconnues bourreau de Bourg-en-Bresse (1792), puis de Dole (1792-1794), puis de Lons-le-Saunier (1794-1803), révoqué pour le meurtre de sa femme. Il assura aussi l’intérim à Dijon (1794) et à Bourg-en-Bresse (1796-1797). Citons Jacques Delarue, Le Métier de bourreau : « Pendant la révolution, à Lons-le-Saulnier, on attendait l’arrivée de la guillotine et on cherchait fébrilement un exécuteur. Il n’en existait aucun dans le département du Jura. Enfin, on embaucha un pauvre hère nommé Désiré Giboz, qui fut nommé le 3 juin 1792. En fructidor de l’an 8 (septembre 1800), le préfet du Jura écrivit pour signaler que Giboz, un enfant du pays, qui n’était pas parent d’exécuteur, n’avait accepté son office que pour se soustraire à la misère, mais il était presque constamment ivre et il venait d’être arrêté pour le meurtre de sa femme ».

Claude-Antoine CHRÉTIEN, né vers 1744 à Neufchâteau, mort le 14.01.1794, domicilié Grande Rue en 1782 et à St Ferjeux en 1794. Marié avant 1766 avec Jeanne Marie François COMTE, née vers 1740 à Belfort et décédée le 31.10.1780 à Besançon (c'est par erreur que la date de décès de Claude Antoine CHRETIEN a été déclarée le 21.07.1844 à Dijon, il s'agit en fait, du décès de Claude Étienne CHRETIEN, fripier, né à Dijon le 15.12.1773, fils de Claude et d'Anne DEFAY) ; secondes noces à Metz (57) avec Marguerite ROCH (acte transcris à Besançon Saint-Jean-Baptiste d'où au moins 3 enfants :

-Pierre Nicolas CHRETIEN, chirurgien, officier de santé, né le 25.04.1766 à Besançon (25) où il se marie le 11.06.1795 avec Anne Adolphe MERCIER,

- Denise Élisabeth CHRETIEN, née vers 1771, mariée le 04.06.1795 à Besançon (25) avec Claude Laurent CHRETIEN, né à Langres (52), fils de Claude CHRETIEN, chirurgien et de Françoise HERMANN,

- Claude Françoise CHRETIEN, née le 10.03.1772 à Besançon (25)  mariée avec Nicolas HERMANN, aide bourreau puis successeur de Claude Antoine CHRETIEN.

 

Claude Antoine CHRETIEN est bourreau de Bourg-en-Bresse en 1793-1794 (par intérim, bourreau de Chalon-sur-Saône). Fils de Claude-Antoine CHRETIEN, bourreau de Besançon, et de Marie-Françoise GRAFF - COMTE, il est né vers 1770 probablement à Besançon. Il devient bourreau de Chalon-sur-Saône (1793-1796, puis 1797-1804), puis de Lyon (1804-1842), où il avait sa maison à côté de l’hôpital des Charpennes, et assure l’intérim à Bourg-en-Bresse (1793-1794). Il épouse Marie-Gabrielle SANSON, fille d’Henri, bourreau de Paris, et de Marie-Louise DAMIDOT. On peut imaginer que Françoise CHRETIEN, qui épousera Jean-Pierre RHEIN (Reine), futur bourreau de Bourg-en-Bresse, est peut-être sa sœur.

 

Jean Pierre OURY, né vers 1786 à Fresnes en Woevre (55), fils de Pierre OURY et de Marguerite VIARD. Marié avant 1809 avec Anne Louise ETIENNE, fille du bourreau Antoine ÉTIENNE, domicilié rue Charmont puis rue Richebourg, bourrelier en 1809 puis Officier de Haute Justice en 1810 en succession de son beau-frère François ETIENNE, de nouveau bourrelier en 1818, exécuteur en 1821-1823, sellier en 1824-1825, part pour Paris vers 1843. Son successeur est Georges BIRK (ou BURK ), il est père d'au moins 8 enfants à Besançon (25) : François 1809-1809, Nicolas 1809-1809, Françoise 1810-1810, Marie Appoline 1818-1818, Françoise 1821-1822, Jean Pierre 1824-1824, Jeanne Antoine née le 25.02.1812, mariée le 22.06.1827 avec Jean Baptiste REIN, Marie née le 08.04.1825. Il est décédé après 1845.

Maîtres des hautes œuvres :
Jean-Jacques KARPF bourreau en 1718
Nicolas-François DUPUY bourreau en 1748-1765 avec son fils Claude Nicolas, remplacé par Claude Antoine CHRETIEN
Claude-Antoine CHRÉTIEN bourreau en 1765-1794
Nicolas HERMANN bourreau en 1794-1809, né vers 1769 à Morlange (57), fils de Claude et d'Anne Marguerite REIN. Il épouse à Besançon (25) le 07.04.1794, Claude Françoise CHRETIEN, fille du bourreau Claude Antoine CHRETIEN, domicilié 8 rue Charmont à Besançon (25) en 1809 où il est décédé le 22.11.1809 ; "s'acquittait fort bien de son ministère car pour son coup d'essai, il a fait tomber 14 têtes dans une séance" selon le rapport officiel repris dans le Dictionnaire historique et anecdotique des bourreaux.
François ETIENNE bourreau en 1809, remplaçant de Nicolas HERMANN. Il abandonnera sa place à Jean Pierre BIRK (ou BURK ), époux de sa sœur Anne Louise ETIENNE née vers 1789 à Verdun (55) pour devenir bourreau à Bastia (20), né lui aussi vers 1787 à Verdun (57) où son père Antoine ETIENNE, marié à Charlotte ROCH est bourreau. François ETIENNE est mort à Nevers (58).
Jean-Pierre URICH bourreau en 1809-1846
Jean-Georges BURCK bourreau en 1846-1849
François-Ferréol PIERROT bourreau en 1849-1858
Jacques-Henri GANIER (ou GANIE ) bourreau en 1858-1862, succède à Nicolas Ferréol PIERROT.
Georges-Louis-Gustave PIERROT bourreau en 1862-1870

Aide-exécuteurs des sentences criminelles :
Claude-Didier-Nicolas DUPUY aide-bourreau en 1762-1774
Jean ÉTIENNE aide-bourreau en 1818-1821
Félix HERMANN aide-bourreau en 1841-1848
Emile FAUCONNET aide-bourreau en 1848-1849
Candidat :
Jean-Pierre BICKLER candidat en 1810

Blamont (25).


Maîtres des hautes œuvres :
Joachim FLEURDELIS bourreau en 1685-1686
Joseph DENTHE bourreau en 1686-1695
Melchior GINTER bourreau en 1754-1760

Montbéliard (25).


Maîtres des hautes œuvres :
Jacques FLEURDELIS bourreau en 1615-1627 puis en 1642-1670 et  enfin de 1680 à 1700
Jean FLEURDELIS bourreau en 1670-1680
Pierre FLEURDELIS bourreau en 1700-1729
Pierre FLEURDELIS bourreau en 1729-1749
Gaspard BOILLEY bourreau en 1749-1768
Pierre FLEURDELIS bourreau en 1768-1793
Aide-exécuteurs des sentences criminelles :
Nicolas MESLIÉRE aide-bourreau en 1700-1725
Jacques MESLIÉRE aide-bourreau en 1737

Lons-le-Saunier (39).


Maîtres des hautes œuvres :
1) Désiré GIBOZ bourreau de Lons-le-Saunier en 1794-1803. Patronyme isolé, orthographié aussi Gibaux ou Giboux. Fils de Joseph et de Claudine Lambert, il est né vers 1767 à Lons-le-Saunier et il y épouse vers 1790 Françoise Dutronchet (actes non vus). Un Pierre Giboz aurait été aide-exécuteur d’Alençon de 1793 à 1810 : peut-être est-ce son frère. Désiré Giboz, boulanger puis tisserand à Lons-le-Saunier, devient pour des raisons inconnues bourreau de Bourg-en-Bresse (1792), puis de Dole (1792-1794), puis de Lons-le-Saunier (1794-1803), révoqué pour le meurtre de sa femme. Il assura aussi l’intérim à Dijon (1794) et à Bourg-en-Bresse (1796-1797). Citons Jacques Delarue, Le Métier de bourreau : « Pendant la révolution, à Lons-le-Saulnier, on attendait l’arrivée de la guillotine et on cherchait fébrilement un exécuteur. Il n’en existait aucun dans le département du Jura. Enfin, on embaucha un pauvre hère nommé Désiré Giboz, qui fut nommé le 3 juin 1792. En fructidor de l’an 8 (septembre 1800), le préfet du Jura écrivit pour signaler que Giboz, un enfant du pays, qui n’était pas parent d’exécuteur, n’avait accepté son office que pour se soustraire à la misère, mais il était presque constamment ivre et il venait d’être arrêté pour le meurtre de sa femme ».


Jean-Baptiste CANE (CANÉ) aide bourreau de 1799 à 1803 puis bourreau de 1803 à 1827, marié à Élisabeth ROCH,
Germain BURCK ou PURGY bourreau en 1827-1838, marié en 1827 à Lons le Saunier (Jura) avec Marie Madeleine RHEIN. Décédé à Lons le Saunier (Jura) en 1838,
François-Joseph DESMOREST bourreau en 1838-1849 en remplacement de Germain PURGY, aidé par Nicolas ROCH (1731-1784). Exécuteur à Metz (57), marié à Marguerite HERMANN d'où Charlotte DESMOREST née vers 1754 à Metz, épouse d'Antoine ETIENNE, bourreau, décédée le 27.10.1825 à Besançon (25) - Marguerite DESMOREST, née vers 1754 à Metz, décédée le 02.06.1796 à Besançon (25), mariée le 11.02.1782 à Metz avec Claude Antoine CHRETIEN, bourreau.
Nicolas RAUCH aide bourreau en 1843-1849 puis bourreau en 1849-1851
Aide-exécuteurs des sentences criminelles :
Louis ACHARD aide-bourreau vers 1800, il épouse Barbe NOIREAU.
Nicolas SCHLANCK aide-bourreau vers 1818
Joseph RHEIN aide-bourreau en 1818-1827
Henri RATHGEL aide-bourreau en 1827-1832, équarisseur à Belfort (90) en 1837, il y décèdera en 1845.
 

Vesoul (70).


Maîtres des hautes œuvres :

Claude-Laurent CHRÉTIEN bourreau en 1793-1805
Nicolas PIERROT aide bourreau en 1818-1823 puis bourreau en 1805-1823
François-Ferréol PIERROT bourreau en 1823-1849 puis à Besançon (25) en remplacement de Georges BIRK. Né en 1799 à Gap (05), marié à Catherine CANE, il a au moins un fils : Gustave PIERROT né vers 1837, tailleur de limes en 1858. François Ferréol décédera le 07.01.1858 à Besançon (25) où il était domicilié rue du Grand Charmont.
Aide-exécuteurs des sentences criminelles :
François-Ferréol PIERROT aide-bourreau en 1818-1823
Pierre PARISOT aide-bourreau en 1830-1833

Belfort (90).

 

Maîtres des hautes œuvres :
Joseph COMTE bourreau vers 1650 puis en 1668-1726. Né vers 1633, marié à Marie Madeleine FLEURDELIS puis à Catherine TANTE, mort le 13.05.1726 à Belfort (90).
Nicolas-Antoine COMTE bourreau en 1726-1739
Jean-Pierre COMTE bourreau en 1739-1780, fils de Joseph COMTE, bourreau et de Marie Madeleine FLEURDELIS, marié à Madeleine TANTE (fille de Georges TANTE bourreau à Montreux (90).

Jean Pierre COMTE bourreau en 1739-1780, né le 16.05.1714 à Belfort (90), décédé le14.04.1780 à Belfort (90), fils de Nicolas Antoine COMTE, bourreau et de Madeleine TANTE, marié le 11.08.1744 à Belfort avec Marie
Jean-Pierre-Nicolas COMTE bourreau en 1780-1793 Élisabeth LACOUR. Il est décédé à Belfort (90) le 31.08.1795.
Aide-exécuteur des sentences criminelles :
Jean-François COMTE aide-bourreau en 1692

Faverois (90).


Maîtres des hautes œuvres :

Pancrace NN bourreau en 1648-1656
Jean FLEURY bourreau en 1665
Laurent LACOUR bourreau en 1665-1672
Martin LACOUR bourreau en 1672-1674
Ehrard LACOUR bourreau en 1682-1716
Jean-Georges LACOUR bourreau en 1716-1739
Jean-Georges REICHLIN bourreau en 1739-1752
Jean-Georges LACOUR bourreau en 1752-1793
Aide-exécuteurs des sentences criminelles :
Martin LACOUR aide-bourreau en 1665-1672

Grandvillars (90).


Maîtres des hautes œuvres :

Joachim COMTE bourreau en 1673-1725, marié à Jeanne BOUILLARD, d'où 10 enfants dont Pierre François COMTE, bourreau à Grandvillars (90) en 1732-1744, mort le 26.02.1725.
Jean-François COMTE bourreau en 1725-1744
Jean FLEURDELIS aide bourreau en 1725 puis bourreau en 1744-1781
Aide-exécuteurs des sentences criminelles :
Henri FLEURDELIS aide-bourreau en 1705
Jean FLEURDELIS aide-bourreau en 1725-1744

...............................................................................................................................................................................

                                                                              Héricourt (70)

Simon COMTE, bourreau à Héricourt (70) en 1704, né vers 1664, marié à Barbe BLANCHARD

Montreux (90).


Maîtres des hautes œuvres :

Jacques DENTHE bourreau vers 1670-1674
Jean-Georges DENTHE bourreau en 1674-1725

« On fit asseoir les galériens dans la boue, sur les pavés inondés ; on leur essaya les colliers ; puis deux forgerons de la chiourme, armés d’enclumes portatives, les leur rivèrent à froid à grands coups de masses de fer. C’est un moment affreux où les plus hardis pâlissent. Chaque coup de marteau, asséné sur l’enclume appuyée à leur dos, fait rebondir le menton du patient ; le moindre mouvement d’avant en arrière lui ferait sauter le crâne comme une coquille de noix. »

Victor Hugo dans « le dernier jour d’un condamné »

 

 

Texte de Reynald BAILLY, mon cousin, généalogiste chevronné, érudit, humaniste !

 

… La généalogie a comme démarche première de mettre sur chacun de nos ascendants, un nom et un prénom, parfois savoureux. La récompense alors et grande d’en avoir trouvé un aussi grand nombre et nous voici encouragés à en savoir d’avantage. Nous allons tenter de replacer chacun de ces couples dans le contexte de leur époque et de savoir ce qu’ils étaient.

 

          C’est là, mettre le pied dans l’inconnu, l’intérêt est grand, la difficulté aussi, mais le secret espoir de découvrir cet ancêtre dont on pourrait s’enorgueillir est si présent, que l’on ne recule pas. C’est alors que la surprise est fâcheuse de découvrir un ascendant qui, hélas, n’a pas inscrit son nom sur je ne sais quel glorieux fronton mais au contraire, sur un registre d’appel d’un bagne…

 

          Vous voici touché dans votre honneur, même si ce bougre est si loin dans votre ascendance que personne dans la famille ne semble en avoir eu connaissance. Votre conscience est mise à mal et vous oblige à un choix !

Dois-je le marginaliser (comme il fut déjà), ne pas en parler ?

Au contraire le traiter comme un autre, le faire connaître ?

 

          Être galérien ou bagnard était-il le prix ‘’payé’’ par un criminel, un assassin ou un bandit de grand chemin ? Qui étaient ces hommes rejetés de la société, bannis et exclus jusque dans la mort pour être inhumés dans un cimetière ‘’à eux’’ ?

 

          Le début de la descente aux enfers était le plus souvent banal et la situation particulière de notre Franche-Comté va par la contrebande et le faux saunage fournir la majeure partie de ces condamnés.

 

          La contrebande tout d’abord. Il fut un temps où tous les riverains de la Suisse, se livraient à une fraude le plus souvent audacieuse en dépit de la surveillance des douaniers. Pour quelques pièces de monnaie les hommes se chargeaient d’apporter de Suisse en France quelques paquets de tabac. Pour celui qui était arrêté, l’amende considérable qu’il ne pouvait bien évidemment payer, était remplacée par une  peine de trois à six années de galère ou de bagne. Tous cependant n’étaient que de bien pauvres bougres, des paysans, des miens, des vôtres qui avaient comme beaucoup d’autres ‘’bricolé’’ mais pour ceux-là que la chance avait abandonné un court instant pour se faire ‘’pincer’’ : c’était là, leur crime !

 

          La Comté,  pays du sel ; un produit que le Roi de France avait seul le droit de vendre. Il avait mis en place toute une armée de commis pour surveiller cet impôt : la Gabelle. Dans les provinces voisines le sel valait le triple voir le quadruple, aussi les faux sauniers comtois avaient l’assurance de vendre le sel meilleur marché que celui des greniers royaux. Les grandvalliers, entre autres avaient l’art de dissimuler un sac de sel dans leurs chariots ;  mais pour qui se faisait prendre, le tarif était sans appel : entre trois et six années de bagne.

 

          Quelques fois aussi, les archers de la gabelle ne craignaient pas d’inventer des délits de contrebande et des juges envoyaient aux galères de malheureux innocents.

 

          Pour le ‘’vol d’un mouton’’ c’est la perpétuité. Quatorze ans de fers pour ‘’vol de 8 poules avec effraction’’. Ce pauvre Charles, âgé de 73 ans condamné à vie pour ‘’vol de laine et un cochon’’.  Cinq ans de fers pour une ‘’tentative de vol de ruche d’abeilles’’. Nicolas, condamné à vie pour ’’vol de tronc d’église’’. Jean, pour ‘’une cravate et plusieurs mouchoirs’’ huit ans de fers. Pour le ‘’vol d’un mouchoir’’ Joseph fera un an de fers. Emile aussi en prit pour neuf ans pour ‘’avoir été trouvé saisi d’effets volés de peu de conséquence’’. Claude pour ‘’vol de chapeaux commis de nuit’’ douze ans de fers… De quel coté est le crime ?

 

          Le blasphème était puni sans pitié : Jean, 40 ans, condamné à vie pour ‘’blasphème contre Dieu et la Vierge’’… Jean Claude aussi condamné à vie pour ‘’avoir arraché la croix qui était sur le cimetière de Mouchard et y avoir mis à la place une potence"… Auguste BAILLY, condamné à vie pour ‘’sacrilège et reniement de Dieu’’…

 

          Celui-là : condamné à vie pour ‘’avoir dit des paroles exécrables contre le Roi’’…

Cet autre : condamné à deux ans de fers pour ‘’avoir proféré le cri de vive le Roi dans une assemblée". C’était cette fois en l’an 7 de la République…

 

          Plus incroyable encore, la condamnation pour la simple apparence : Claude, condamné à cinq ans ‘’pour vie errante, avoir mendié avec insolence’’… Il n’avait connu ni son père ni sa mère… Jean, condamné à vie ‘’pour vagabondage sans aveu ni domicile’’… Ce Louis âgé de quinze ans dit ’’de petite taille et visage menu’’ galères à vie…

 

          Lorsqu’il s’agissait de soldats, quelque que soit la faute, c’était le conseil de guerre, impitoyable et se voulant exemplaire.  

Pour les déserteurs : tarif unique, condamnation à mort ou galère à vie. L’âge importait peu, comme ce ‘’jeune tambour’’ de 16 ans ou ce soldat de 17 ans sa peine de mort par ordre du Roi commuée en peine de galère à vie : il ‘’avait déserté les lignes de Provence pendant la contagion’’… Les galères à vie pour ‘’avoir jeté une pierre à son sergent’’…

 

          Les peines étaient entières et seule (le plus souvent d’ailleurs) la mort vous octroyait une réduction…


… Tous ces Franc-comtois  (peu sont revenus), morts loin des leurs, de leurs province, de leur patrie parfois, morts sous les coups et suite aux privations infligées par d’autres hommes. Alors pour eux, prenons la peine d’oublier l’aspect négatif pour considérer l’homme qui se cachait derrière ce Bagnard, nous allons découvrir un brave type, courageux qui a joué avec le feu et s’y est brûlé, un bon père de famille généreux qui aurait voulu donner plus à sa famille, un homme humain jusqu’au bout des doigts comme ces bagnards volontaires appelés ‘’corbeau’’ utilisés pour enterrer les morts de la grande épidémie de peste de Provence de 1720/22…

 

Rémy Démoly © - 25000 - Besançon

Accueil | Mentions légales | Contact

Courriel : demolyremy@orange.fr

 

R.B.