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Les SALINES
DE SALINS-LES BAINS au patrimoine mondial de l’Unesco !
Quelle heureuse nouvelle, pour notre région du Jura, que celle
d’apprendre par la presse locale, que les salines de Salins-les
Bains ont été inscrites, le samedi 27 juin 2009, au patrimoine
mondial de l’Unesco, en complément de la Saline Royale d’Arc-et-Senans,
elle-même déjà inscrite. Cette décision a été annoncée par le Comité
du patrimoine mondial, réuni à Séville (Sud) au sixième jour de sa
session annuelle. Le nouvel ensemble est intitulé « De la grande
saline de Salins-les-Bains à la saline royale d’Arc-et-Senans » et
porte témoignage de l’histoire de l’extraction du sel en France,
selon un communiqué de l’UNESCO.
C’est pour le « Canard sur la Loue » l’occasion de citer la légende
de la belle SALINA que nous conte Alice DECOEUR dans son ouvrage :
En Franche-Comté – dans les sentiers de l’histoire – Éditeur MARQUE-SAILLARD
6,8,10 rue Lecourbe 39000 LONS-LE-SAUNIER. Ce texte m’a enchanté,
j’espère qu’il en sera de même pour vous !
Rémy DEMOLY

SALINA : Légende des vieux siècles
Il était une fois, une belle jeune fille, enfant d’une Nymphe et du
Dieu « Soleil ». Petite déesse, elle est adorée par son père qui
s’admire en elle.
Il lui dit un jour : « Ma fille, je veux que toi aussi tu portes un
nom glorieux. Tu sais que sous mes rayons de feu, s’évapore l’eau de
la mer, laissant aux mortels le sel pour leur table, pour leurs
festins. Mais ce sel est de grise couleur. À toi, ma blanche fille,
revient l’honneur de lui donner une teinte éclatante. Je te
révèlerai le secret ». La jolie Nymphe, docile aux leçons d’un père
divin, apprit l’art de fabriquer le sel blanc. Son nom de gloire fut
Salina. Célébrité qui devait lui être fatale.
Un jour, l’Océan fêtait en grande pompe l’anniversaire de la
naissance de Vénus. Dans un palais de transparence, se pressent les
fleures autour de Neptune, le Dieu de la Mer. Salina, fille du
Soleil, présente à Vénus, la conque d’or où brillent les grains de
sel pareils à des cristaux de neige. La grande déesse est enchantée
de cette blancheur qui jaillit de la coupe dorée et de la piquante
saveur qui relève ses mets. Elle sourit à Salina, pare sa chevelure
d’un myrte fleuri. On acclame la belle enfant du Soleil, la
créatrice du sel virginal…
La fête s’achève. Le fils de Vénus désire du sucre pour les fruits
de son dessert. Et Neptune, tout en badinant avec l’enfant, fait
choir sur les fruits une neige de …sel ! Le petit de Vénus sent les
piqûres sur sa langue, dans sa gorge. Sa colère éclate, terrible. Il
saisit son carquois et tire deux flèche contre Neptune et contra
Salina. Le courroux du Dieu de la mer se retourne contre la jeune
fille. Il poursuit la belle Salina qui s’enfuit, s’enfuit… Une
grotte sur les bords d’un sous-affluent du Doubs (la Furieuse),
accueille la petite déesse. Mais la vengeance de Neptune la poursuit
: peu à peu la belle Salina fond toute et devient une source d’eau
salée !
Et le père, ce Dieu du jour, désespéré, s’écrie du haut de son char
de lumière : « Qu’ici soit ton séjour, ma fille bien aimée. Tu seras
la source honorée des hommes. C’est là que sera fondée plus tard une
cité puissante. Le Séquane, tenace et laborieux, te gardera, élevant
à ta mémoire un palais sacré. Et ton eau, devenue bloc neigeux,
éclipsera la renommée du sel marin. Ce lieu portera ton nom et de
Salina naîtra Salin ».
Alors, le Dieu versa plus fort ses flammes sur le Mont d’Or (le
Poupet), sur le séjour éternel de la charmante Salina, la fée de
cristal et de sel…
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