De tous temps le bois a
enflammé l’imagination et la curiosité de
nos ancêtres qui partageaient avec lui leurs
angoisses, leurs espérances, leurs vies,
leurs images. On constate clairement
l’évolution constante et prodigieuse de
l’humanité par cette utilisation du bois, au
début simple branche utilisée comme bâton
pour se défendre ou se soutenir jusqu’aux
œuvres d’art sculptures et constructions…
Matière vivante ou matière morte, le bois
intrigue l’homme. C’est ainsi la forêt
mystère, temple en plein air, dont l’homme,
n’a toujours pas compris pleinement la
sapience profonde, c’est cette forêt qui est
à l’origine d’innombrables croyances,
légendes, fables, superstitions … Les
références mythologiques, bibliques ou
fabuleuses sont abondantes qui parlent du
bois : c’est le fruit d’un arbre qui a fait
perdre le Paradis à Adam, de bois était
faite la Croix du Christ, le bâton de Moïse
changé en serpent, le buisson ardent, le
Temple de Salomon en grande partie construit
en bois selon la bible. Symbole d’espoir et
d’espérance : la branche d’olivier apportée
par la colombe et qui signale à Noé la fin
du déluge, on brûle du bois à la Saint-Jean,
fête dionysiaque qui symbolise la
régénération, des forêts sont sacrées et
consacrés aux cultes par les anciens,
la baguette magique des fées, c’est un arbre
qui indique le chemin des Farfadets, les
couronnes de feuilles de lauriers…
Mais il y a aussi les
traditions et pratiques : le bâton de
coudrier du sourcier, le chêne sous lequel
St-Louis rendait justice, les arbres de la
Liberté plantés par les révolutionnaires de
1789. Le bois est le matériau des premières
constructions : maisons des hommes ou
maisons des dieux. Il est symbole de
bénédiction : on touche du bois pour
conjurer le sort !
L’arbre est symbole de la vie, de la
fécondité, de la ténacité, de la
persévérance ; il ne disparaît jamais
complètement et finalement gagne son combat
sur la civilisation désordonnée et
destructrice de l’homme. Pensons aux ruines
d’Ankhor détruites et recouvertes par la
végétation : les racines s’insinuent
lentement, disjoignent les pierres les plus
lourdes, les contournent, les entourent et
enfin les ‘’digèrent’’ faisant disparaître
toute trace de construction humaine… Planter
un arbre est un geste symbolique fort ; on
plante un arbre le jour de la naissance d’un
enfant mais également en souvenir d’un
défunt qui fut cher : le marbre subsiste
mais ne vit pas.
L’arbre surgit des profondeurs, s’élève vers
la lumière, il est alors symbole de la
progression et du sens de la verticalité
pour l’homme qui un jour, à son exemple,
s’est mis debout ! Symbole de fraternité et
de tolérance, la forêt est le modèle d’un
pays par l’échelle des valeurs qu’elle
fournit ; en effet, ses multiples variétés,
certaines plus abondantes que d’autres soit,
les diverses tailles et couleurs des
individus qui la peuplent, les générations
diverses qui s’y côtoient, qui s’y
confondent et progressent côte à côte
devraient encore plus faire réfléchir ceux
qui penseraient qu’une seule espèce doit
vivre sur un territoire définit !
L’ennemi de la forêt c’est l’homme et
pourtant elle le nourrit tant par sa faune
que par sa flore, elle l’abrite, son ombre
lui apporte la fraîcheur, elle le chauffe,
le protège : le bois flotte permet à
l’homme de voyager sur les mers, les océans,
les rivières…
Quand le dernier arbre de la dernière forêt
aura été abattu pour faire place au dernier
complexe industriel, ne restera-t-il plus
aux hommes qu’à planter des platanes de
béton armé ou des sapins de plastique, avec
le vague espoir d’y voir nicher des
oiseaux ? (courrier de juillet 1971 de
l’UNESCO).
‘’L’Arbre aujourd’hui a besoin des Hommes.
Il y a des millénaires qu’il sert
l’humanité. Sauvons-le et sauvons-nous.
L’âge du Bois commence…’’ Jacques
Brengues auteur de : La Franc-Maçonnerie du
bois – Éditeur Guy Trédaniel.).
auteur : Rémy
DEMOLY – 2006.