BARTHOD (Auteur Reynald BAILLY 1995).

 

Transportons-nous dans ces temps anciens à la recherche de l’origine de notre patronyme BARTHOD.

 

Comme la plupart des patronymes, c’est probablement vers la fin du Moyen-âge qu’il nous faudrait situer ce lointain ancêtre, ayant donné d’une façon héréditaire son surnom, même si, dans ce domaine, la Comté a pris un peu de retard.

 

BARTHOD… pourrait trouver son origine dans un nom de baptême chrétien. En effet, à l’époque qui nous intéresse, une partie de nos ancêtres étaient baptisés sous des noms religieux, d’action de grâce comme Dieudonné, ou encore par des noms de saints. Or justement un des douze Saints Apôtres Barthelemy (en latin Bartholomeus) pourrait être à l’origine de notre patronyme.

 

De Barthélémy, les variantes patronymiques sont fort nombreuses, BARTHOD en est une, dont le cheminement serait le suivant.

 

A partir d’un nom parfois long à prononcer comme c’est ici le cas, Bar-thé-lé-my, quatre syllabes, la tendance naturelle est d’en faire une contraction que nos scientifiques appelle ‘’aphérèse’’. Ces contractions sont à ce point populaires qu’il arrive qu’elles subissent à leur tout le même sort et il en résulte une pléiade de noms à deux syllabes avec les terminaisons ; et, ot, od, in, on.

 

Avec toutes les réserves d’usage voici une des explications des plus plausibles de l’origine de ce patronyme ‘’BAR-THOD’’ aphérèse de Barthélémy, qui aura donné d’ailleurs bien d’autres patronymes (Barthe, Barthol, Barthès, Barthel etc…) ainsi que Barthelet si répandu en Franche-Comté ou Barthoulet, un patronyme que nous rencontrerons dans cette ascendance.

 

N’oublions pas enfin les variantes orthographiques ponctuelles ou définitives, parfois pour le même individu à l’exemple des BARTOT ou BARTOD mais encore avec le ‘’o’’ devenu ‘’au’’.

 

Nous avons également les noms doubles ou noms composés, et nos BARTHOD en sont particulièrement pourvus. Les noms composés sont le plus souvent nés d’un besoin de précision, distinction, provoqué par une homonymie importante dans le village ou la région. Les surnoms sont nécessaires pour différencier les familles. Dans les registres paroissiaux de Ville-du-Pont où les familles BARTHOD étaient des plus nombreuses on peut relever les : BARTHOD-MICHEL, BARTHOD-LOUIS, BARTHOD-TONOT (ou TAUNOT), BARTHOD la MEURA, BARTHOD-MALAT, BARTHOD-PROTHADE, BARTHOD JOURNOT, BARTHOD GARNACHE et même BARTHOD-SANS- SOUCI. Imaginez le nombre de familles présentes… Certains de ces surnoms ajoutés au patronyme furent officialisés à l’apparition de l’État-civil et plus tard, des livrets de famille si bien  qu’on retrouvent aujourd’hui (voir plus loin).

 

Aujourd’hui les BARTHOD (1995) :

 

Pour la recherche des porteurs actuels du patronyme BARTHOD, je me suis reporté aux données de l’annuaire du téléphone Minitel dans les 36.000 communes de France et d’Outre-Mer ; après suppression d’un certain nombre de professionnels, cette recherche m’a permis de constater qu’il n’y aurait que 310 abonnés au patronyme BARTHOD sur l’ensemble, l’île de la Réunion n’en comptant qu’un seul.

 

De ces 310 abonnés, 180 soit 58% sont dans le seul département du Doubs et que les ¾ des 310 abonnés sont dans le centre-est, entre la Haute-Saône et le département du Rhône. Dans la moitié des départements le patronyme BARTHOD est absent, ce qui le situe ‘’rare’’ hors de notre département. Pour l’ensemble du territoire il se situe, en données corrigées, à moins de mille porteurs.

 

Le Doubs peut-il être considéré comme le berceau du patronyme ?

 

Pour les nôtres et sur la période de ces trois cents dernières années, il n’y a pas de doute, ils sont, comme beaucoup d’autres de cette région du Sud de notre département dite  ‘’Le Saugeais’’. Mais il y a encore bien des inconnues sur le repeuplement de cette région après les dévastations de la guerre de Dix-Ans (1650) et on s’accorde entre autres à reconnaître que nombre d’arrivants étaient originaires de Savoie, où, et ce n’est peut-être pas un hasard, ce patronyme est aujourd’hui encore présent en deuxième position…

 

Les BARTHOD dans le Doubs :

 

Si il est établi que c’est dans le département du Doubs que l’on trouve (de très loin) le plus grand nombre de BARTHOD, nombre d’entre eux possèdent, d’une façon officielle, une patronyme double et leur nombre est ainsi réparti (Minitel) :

11 au nom simple de BARTHOD

36 BARTHOD-MALAT

23 BARTHOD-MICHEL

  4 BARTHOD-TONOT

  1 BARTHOD MUNIER

  5 GARNACHE BARTHOD

 

Il s’agit de l’officialisation du surnom de leur famille dont ils peuvent retrouver l’origine dans cette région de Montbenoît.

 

Concernant les variantes orthographiques nous trouvons un seul BARTHOT à Nans sous Sainte-Anne et un BARTHAUD à Serre les Sapins.

 

C’est sans surprise à Besançon que l’on trouve le plus d’abonnés (37) avec toutes les variantes de nombs doubles, vient ensuite Pontarlier (10) et Arc sous Cicon (9) suivi du Plaimbois du Miroir et Valdahon pour ensuite, suivant les communes, tomber à quelques unités, dans un ‘’essaimage’’ important sur 71 communes soit une commune sur sept avec au moins un abonné BARTHOD.

 

On constate cependant qu’à Montbenoît et Ville du Pont, sans doute, berceau du patronyme, il a disparu, mais nombre de petits villages du sud du département (Chaux, les Gras, Montlebon etc…) ont encore des descendants.

 

En conclusion BARTHOD est bien un patronyme Comtois qui reste mais seulement dans ce département bien présent et à défaut, (peut-être) d’y trouver ses racines profondes il en fut le berceau de nombreuses familles.

 

-Alors si tous ceux-là étaient cousins ?