RAVAILLAC – RAVAILLARD – RAVOYARD
ANGOUMOIS ET FRANCHE-COMTÉ
Quelle étonnante histoire que celle de la
famille RAVOYARD de Franche-Comté !
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Blason
de l’Association
FAMILLE RAVOYARD
enregistré par le Bureau de
Maintenance Héraldique de France le
11 janvier 1993. |
Tout commence le 14 mai 1610 : Roi de France
depuis l’an 1589, Henri IV, celui qui avait
échappé avec peine au massacre de la Saint
Barthélémy, celui qui avait abjuré le
protestantisme en 1593, celui qui voulait que
tout paysan puisse ‘’mettre chaque dimanche, la
poule au pot’’… Celui qui, rappelons le, avait
en 1595 envahit la Franche-Comté et ravagé sa
compagne mais mis en échec par les villes de
Dole, de Gray, de Salins, de Poligny et Arbois
qui lui ont vaillamment résisté…
Le roi quitte le Louvre et se rend à l’Arsenal
où résidait Sully. Rue de la Ferronnerie, son
carrosse se trouve pris dans un embarras de la
circulation, lorsqu’un passant se jette sur lui
et le poignarde par trois fois, avec un couteau
volé dans une auberge ; le deuxième coup
étant mortel…
Le régicide se
nomme François RAVAILLAC
Mon propos, ici, n’a pas la prétention d’énoncer
quelque affirmation historique que ce soit, mais
simplement de rappeler, en partie, ce que disent
de cet évènement tragique, certains
historiens et chroniqueurs mais également ce
qu’à colporté au long des siècles la légende
villageoise, régionale ou familiale qui souvent,
à mes yeux, est très proche de la vérité.
J’ajouterai toutefois que le Vert Galant,
assassiné par un habitant d’Angoulême aurait
peut-être dû réfléchir à la devise de cette
ville : ‘’Ma force réside dans la fidélité de
mes citoyens’’…
On a écrit tout et n’importe quoi
concernant François RAVAILLAC et cette affaire
reste une encore aujourd’hui, une des plus
grandes énigmes de l’Histoire.
Certains le disent, je cite ‘’issu d’une famille
pauvre, ses parents, séparés, vivent de la
mendicité… Il devient tour à tour domestique,
maître d’école, solliciteur de procès… Il
devient également très religieux, il aurait eu
des visions… Il cherche a entrer chez les
Jésuites qui ne l’acceptent pas’’… Ce serait un
illuminé, un fou de Dieu…
D’autres le déclarent orphelin de père, élevé
par sa mère qui lui aurait inculqué des
principes religieux qui devaient le marquer
profondément. Il aurait été emprisonné pour
dettes…
D’autres encore soutiennent qu’il est né à
Angoulême en 1578 où il vivait dévotement avec
sa mère : il devait travailler pour deux, son
père ayant quitté le domicile familial…Il aurait
agi par une inspiration venue du Diable…
Plus loin on peut lire : la famille Ravaillac,
originaire ou non d’Angoumois, était établie
dans cette province au commencement du VXI°
siècle et à cette époque, elle possédait, à
Angoulême, ces offices de judicature par
lesquels tant de familles bourgeoises
contemporaines arrivèrent aux charges communales
ou judiciaires d’où elles s’élevèrent, plus
tard, jusqu’à la noblesse…
François RAVAILLAC aurait dit, au cours d’un de
ses interrogatoires ‘’les sermons que j’ay
ouys, ausquels j’ay appris les causes pour
lesquelles il estoit nécessaire de tuer le roy’’.
Qui prononçaient ces sermons ? François
Ravaillac a-t-il subi comme d’aucuns le
prétendent l’influence des prédicateurs
préconisant le ‘’tyrannicide’’ pour mettre un
terme à une politique contraire aux intérêts du
catholicisme ? Est-ce l’une des coteries
appartenant à l’entourage royal qui l’aurait
encouragé ? Il aurait, toutefois, toujours
affirmé avoir agi seul.
Après avoir été soumis à la ‘’question ordinaire
et extraordinaire’’, il est exécuté dans des
conditions épouvantables et d’une cruauté
inouïe, le 27 mai 1610 sur la place de Grève à
Paris. Il mourut dans d’atroces souffrances sous
les cris hostiles de la foule.
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Tout et n’importe quoi…
Citations :
’’il inspirait la méfiance parce
qu’il avait mauvaise mine, il était
grand et fort avec de gros bras et
des grosses mains et il était roux,
d’un roux foncé, noirâtre et
paraissait lugubre….’’
‘’Selon Tallemant des Réaux :
C’était un colosse à la barbe rousse
et aux cheveux un tant soit peu
dorés…C’était une espèce de fainéant
qu’on remarquait à cause qu’il était
habillé à la flamande plutôt qu’à la
française. Il traînait toujours une
espée. Il était mélancolique et
d’assez douce conversation…’’
Fin |
Le crime de
lèse-majesté divine et humaine, est, à l’époque,
le pire des forfaits dans la hiérarchie des
délits. François RAVAILLAC est exécuté et sa
famille est dorénavant forcée à l’exil ; de
plus, un édit est promulgué interdisant à toute
personne du royaume de se nommer Ravaillac.
De grands auteurs ont abordé le sujet :
VOLTAIRE lui-même
dans ses œuvres complètes, dictionnaire
philosophique qui cite le ‘’Dialogue d’un
page du duc de Sully et de maître Filesac,
docteur de Sorbonne, l’un des deux confesseurs
de Ravaillac’’.
Roland MOUSNIER
dans son beau livre ‘’l’Assassinat d’Henri IV’’
chez Gallimard (folio) qui peut se compléter par
les analyses de Jean Pierre BABELON ‘’Henri IV’’
chez Fayard Emmanuel J. LOISELEUR dans ‘’Questions
d’histoire du XVII° siècle (1873)’’ pour qui
il y avait bien un projet ou une conspiration
d’assassinat.
Philippe ERLANGER
dans son livre ‘’L’étrange mort de Henri IV
(1964), prétend qu’à son arrivée à Paris,
Ravaillac fut logé chez Charlotte du Tillet, la
maîtresse du duc d’Épernon.
Nota :
Le duc d’Épernon, semble-t-il était assis dans
le carrosse à la droite du roi lors de
l’attentat tout comme Lavardin, Roquelaure, La
Force et Montbazon à sa gauche, Liancourt et
Mirebeau en face de lui…
Jeanine GARRISSON,
historienne et femme de lettres française,
spécialiste de l’histoire politique et
religieuse du XVI° siècle aborde ces évènements
dans son ouvrage : ‘’RAVAILLAC LE FOU DE DIEU’’
aux éditions Payot en 1993.
Emmanuel LE ROY
LADURIE dans le Figaro Magazine du 7 juillet
2007 : Celui qui a tué Henri IV, le 14 mai
1610, tout le monde sait son nom : Ravaillac.
Mais a-t-il agi seul ? Si ses déterminations
sont claires, il ne peut être totalement exclu
ni vraiment prouvé que son geste fut inspiré par
des complices. Et surtout, il y avait peut-être
une seconde équipe de tueurs…
Plus proche de
nous, dans son ouvrage ‘’Mon pays comtois’’
mais aussi dans le texte qu’il a écrit pour le
magnifique spectacle en multivision ‘’Couleurs
& Reflets du Jura’’ l’écrivain scénariste
comtois, Lauréat de l’Académie Française, André
BESSON dont on connaît le talent et la renommée,
rappelle cette ‘’saga’’ des RAVAILLARD-RAVOYARD,
dont ROUSSET dans son Dictionnaire des Communes
de Franche-Comté, au paragraphe ‘’Lavigny’’,
parle en ces termes :
… A la fin du XVIe siècle, une
famille étrangère vint s’établir au milieu de la
forêt de Ronnay ; c’était les parents de
Ravaillac ou Ravaillard, assassin de Henri IV :
ils avaient quitté Angoulême pour échapper aux
persécutions. Ils ont toujours vécu à Ronnay,
dans l’isolement, sans fréquentation avec les
autres habitants. Un vieillard, chef de famille
qui existe encore, disait, il y a quelques
temps, à un étranger qui s’était arrêté dans sa
chaumière, en allant visiter l’abbaye de Baume :
‘’Tels que vous nous voyez, monsieur, eh bien,
nous sommes nobles, il y a du sang de roi sur le
nôtre’’…
Voici une portion de carte ancienne de cette
région, carte dite ‘’Cassini’’ sur laquelle on
peut voir, à droite de Lavigny où se situe
le Bois et le hameau de Ronnay (écrit ici
Ronay). A l’heure actuelle, il ne reste rien de
ce hameau mais un endroit précis se nomme ‘’le
champ RAVAILLARD’’.

‘’ Souvenez-vous
que le nom d’un homme est pour lui le mot le plus
agréable et le plus important de tout le
vocabulaire, déclare le psychologue américain Dale
CARNEGIE’’. Empêchée de porter son patronyme
RAVAILLAC était déjà une mortification importante et
on imagine sans peine, la douleur, le désarroi et
les énormes difficultés de cette famille de
l’Angoumois, brutalement chassée de sa douce région,
leur habitation détruite par ordre de l’Etat, cette
famille expulsée de France et choisissant le Jura au
climat rude comme terre d’accueil.
Je pense soudain au Discours de réception à
l’Académie Française du Comte de Montalembert,
Député du Doubs de 1848 à 1863 dont voici un
extrait : Parmi nos provinces de l’Est, il
existe une contrée dont le nom porte l’empreinte de
son histoire, de sa vieille indépendance, du mâle
courage de ses enfants, la Franche-Comté de
Bourgogne est comme le Tyrol de la France : une
nature grandiose et pittoresque y tient lieu de
monuments et le cœur de l’homme semble emprunter à
cette nature quelque chose de sa force et de sa
grandeur. Sur les flancs du Jura, au milieu des
forêts de sapins et dans les gorges profondes que
creusent le Doubs et ses affluents, il s’est formé
une race austère, énergique, intelligente…
Notre région était, en 1610, sous autorité
espagnole, les RAVAILLAC partaient donc ‘’à
l’étranger’’. Durant plus de 80 ans cette famille
aurait donc vécu, avec grand courage et dans la plus
grande discrétion, certainement dans le plus grand
dénuement dans le bois de Ronnay tout en subissant
les terribles évènements tels que ceux
énumérés ci-après :
1618 : début de la
guerre de Trente Ans,
1635 : Richelieu
ordonne l’envahissement de la Comté, la guerre de
Dix ans (en fait de 1634 à 1644) qui ruine le pays,
1668 : Première
conquête de la Comté par Louis XIV qui la réclame en
héritage de sa femme Marie Thérèse, fille du défunt
roi d’Espagne,
1674 : Seconde
tentative de conquête par Louis XIV,
1678 : Traité de
Nimègue…
N’oublions pas que ces bouleversements étaient
accompagnés de rapines, d’assassinats, mais
également de famines et d’épidémies telle que celle
de la peste et que les campagnes subissaient souvent
le plus fort de ces exactions et malheurs…
Mais voici soudain que les RAVAILLARD– RAVOYARD
sortent du bois…
En effet, en on trouve, tout d’abord à Quenoche, en
Haute-Saône, le 12 septembre 1691, le mariage de
Marie RAVAILLARD avec Claude DECES. Témoin, Nicolas
RAVAILLARD…
Géographiquement plus près de nous, voici Claude
RAVOYARD qui, en 1699 s’installe à Vaudrey où il
épouse Clauda COUTRIER .

Traduction : 1699
Mariage a été fait et célébré en l’église
paroissiale de Vaudrey entre Claude Ravoyard
demeurant à Vaudrey et Clauda Coutrier dudit Vaudrey
en présence d’Anathoile Chagrot recteur d’école du
lieu et Jacques Antoine Chagrot et plusieurs autres.
Signé Guignard curé de Vaudrey.
6 enfants naîtront de cette union, tous à Vaudrey :
- Anne, née le
26.11.1699, qui a pour parrain Denis MARLIN et pour
marraine Anne BRIGAND. Elle donnera naissance à une
fille, Anne RAVOYARD le 08.05.1726 et épousera
Joseph BREDIN.
- Catherine, née le
31.01.1702, parrain Émilian RAMEAU de Vaudrey,
marraine Catherine MARLIN d’Ounans,
- Jean Baptiste, né le
19.05.1704, parrain Jean Baptiste MUNIER de la
Ferté, marraine, Jeanne Antoine ROME, qui épouse
Jeanne GAUTHIER, aïeul des RAVOYARD actuels.
- Claude François, né
le 12.03.1706, décédé le 06.09.1706.
- Anatalia née
le 02.08.1707, célibataire décédée le 23.09.1774.
- Antoine, né le
20.07.1711, parrain Antoine PETETIN, marraine
Estienette JOUQUEY.
Les RAVOYARD prennent racines à Vaudrey aujourd’hui
appartenant au canton de Montbarrey et à
l’arrondissement de Dole.
Prendre racines avec un s à racine n’est pas un
euphémisme mais une réalité bien établie : les
indications qu’offre actuellement internet en
matière de généalogie montrent qu’entre l’an 1699,
mariage de Claude RAVOYARD et 1891, on compte
plus de 121 naissances, 33 mariages et 103 décès de
RAVAILLARD dans ce petit village qui ne compte
aujourd’hui que 319 habitants.
Bien des patronymes régionaux, encore présents, se
retrouvent dans les alliances avec les RAVOYARD
comme par exemple les BERTHET, les BREDIN, les CHEY,
les CRESSIGNARD, les JOUSSOT, les MAGDELAINE, les
PETITJEAN, les PETITGUYOT, les RICHARDET, les
ROBARDET, les QUINTARD etc etc…
Nous verrons, dans la suite de cet article comment
les RAVOYARD se sont réunis en une Association
vivante et solidaire et quelles les sont entreprises
locales qui ont été crées par cette grande famille
jurassienne.
Ravoyer, selon
certains voudrait dire remettre sur le droit
chemin, remettre de bon niveau…
La Ravaillac
serait une variété de pomme en forme de
sphère, pomme à cuire, à croquer ou à
utiliser pour le cidre.
Au 17° siècle,
la Franche-Comté est la Comté de Bourgogne
ou simplement la Bourgogne. C’est ainsi
qu’elle est désignée dans tous les actes
officiels et aussi qu’elle est connu à
Rome : c’est ainsi que Saint-Claude des
Bourguignons est l’église des immigrés
comtois. Les diplomates français à Rome qui
ne connaissent pas leur histoire et ont
entendu dire que cette église concernant les
francs-comtois la désignent d’un pléonasme :
‘’Saint-Claude des Bourguignons et des
Francs-Comtois’’.