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UN DOLOIS SERRURIER DE LOUIS
XVI : MOISSON Jean Pierre
Louis XVI, le roi serrurier. Ce monarque était, parait-il et selon
les historiens, un homme timide, amoureux de la solitude et qui
n’appréciait que très moyennement les mondanités. Lorsqu’il désirait
se retirer loin de la Cour et du monde qui l’entourait, il
rejoignait, au 4° étage de son palais, sa bibliothèque privée dans
laquelle, simplement vêtu d’un habit de drap gris, il s’employait
durant de longues heures à la lecture, à sa comptabilité privée, à
l’étude et à la réflexion.
Mais où le roi se réfugiait souvent, c’était dans un autre de ses
lieux de prédilection : la forge qu’il avait fait installer au 5°
étage de ses appartements (sa menuiserie se trouvait au 3°). Là, il
s’adonnait à sa distraction préférée : la serrurerie. Citation «
Autour de deux enclumes, maniant les outils de fer, en bras de
chemise et trempé de sueur, il se concentre sur cet art très
physique, mais qui ne manque pas de finesse. Rares sont les
personnes autorisées à pénétrer dans cet antre et surtout pas les
membres de la famille royale et de la Cour, qui se moquent de cette
occupation trop plébéienne à leurs yeux. Patiemment, le souverain
forge clefs, serrures et cadenas.»
On sait, toujours par des écrits plus ou moins fiables, qu’un ancien
soldat des Gardes françaises, Nicolas GAMAIN entrepreneur du roi et
lui-même serrurier avait un fils, devenu maître en serrurerie qui
avait gagné toute l’estime du roi. François GAMAIN, « menait »
parait-il, le souverain, comme un jeune apprenti venu du peuple mais
n’avait jamais pu toutefois, le faire devenir habile artisan mais
seulement un façonnier moyen ; en 1789, il aurait trahi son élève,
le roi, dévoilant l’existence d’une armoire de fer secrètement
installée dans ses appartements afin d’y mettre à l’abri certains
documents. « Voir : l’affaire de l’armoire de fer de Louis XVI ».
Le roi refusait de rencontrer les maîtres serruriers que ses
ministres lui proposaient de recevoir à Versailles tout comme la
délégation des artisans de la ville venue le jour de la Saint Éloi,
patron des orfèvres et des forgerons, lui offrir un superbe bouquet
de fleurs.
Des psychologues expliqueront mieux que moi l’étonnante marotte de
Louis XVI mais combien de fois n’ai-je pas entendu des intellectuels
de haut niveau regretter de ne savoir rien faire de leurs dix doigts
et par là, admirer le travail réalisé par de simples artisans,
véritables magiciens dans leurs techniques…
MOISSON Jean Pierre, Franc-comtois, né à Dole (Jura) serrurier de
son état qui s’était fixé à Paris, fut autorisé à travailler avec le
souverain et devint un de ses serruriers de première classe. Le Roi
lui aurait remis personnellement, en remerciement de ses qualités,
une clé du XV° siècle. Cette clé se trouverait actuellement au Musée
de Dole ; toutefois elle n’a pas encore pu être « située »
exactement dans un groupe de clés très anciennes qui font partie des
collections du Musée.
J’ai tenté de trouver trace de cet homme dans les archives de la
Médiathèque de Dole où j’ai, une nouvelle fois été reçu avec
beaucoup d’amabilité et de compétence ; pour l’instant n’ai trouvé
qu’un autre MOISSON qui pourrait être le père de notre héros :
Louis, serrurier qui habitait à Dole en 1753 où il est mort le
13.04.1771.
Jean Pierre MOISSON a-t-il joué un rôle important au moment de la
Révolution de 1789 ? A-t-il emboîté le pas à GAMAIN ? Quel fût son
rôle à cette époque ?
Vous le saurez peut-être dans un prochain « Canard sur la Loue »
car, intéressé par ce personnage au parcours particulier, je
m’engage à tout faire afin de découvrir sa trace tant dans le Jura
que dans la capitale d’où j’espère je rapporterai une moisson
d’informations…
Rémy DEMOLY
Référence : Dictionnaire des Artistes et Ouvriers d’Art de la France
– Franche-Comté – Par L’Abbé Paul Brune Conservateur des Antiquités
et Objets d’Art du Jura. Éditions provinciales – 01000 – Bourg en
Bresse – 1992.

Voici une photo, fournie très
aimablement par le Musée de Dole d’une clé ouvragée de cette époque
et qui pourrait être le genre de clé qui fût offerte à Jean Pierre
MOISSON par Louis XIV.
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