Texte recueilli
par Rémy DEMOLY – Référence : Galerie biographique
du département de la Haute-Saône – Auteur L. SUCHAUX
Vesoul 1864. État civil de la mairie de Villers
Farlay.
SILVESTRE–DUPERRON
Louis François
naquit à Luxeuil le 9 mars 1750. Il était le fils de
Gabriel Joseph SILVESTRE, receveur du Roi au Val d’Ajol
puis conseiller du roy en l’hôtel de ville de
Luxeuil et de Marie Barbe PAYN du PERRON. Il a
épousé le 20.06.1785 à Semur en Auxois (Côte d’Or),
Jeanne Bénigne Françoise CHAMPAGNE qui
décèdera en 1818.
Après avoir fait
de fortes études à l’Université de Dijon, il osa,
jeune encore (1770), adresser à l’Académie des
sciences deux Mémoires de physique et de
mécanique qui lui valurent des éloges et une
médaille d’or. Engagé par ce succès, il adressa à
l’Académie de Besançon d’autres Mémoires qui furent
remarqués.
En 1785,
Silvestre, pour suivre une mode d’alors, prit du
service en Autriche, en qualité de lieutenant du
génie, et profita de son séjour en Allemagne pour
apprendre la langue et étudier les mœurs du pays.
Apprécié par les savants allemands, il fut nommé
chevalier honoraire du Lion de Limburg, dans la
classe académique de cet ordre. En 1786, il revenait
à Dijon, et, déjà licencié ès lois, il se faisait
recevoir avocat en 1787. L’année suivante, en
considération de son mérite et de sa probité,
Louis-Henri-Joseph de Bourbon, prince de Condé, le
nomma bailli de Fougerolles.
La Révolution
étant venue rompre sa carrière il reprit l’épée pour
défendre son pays et servit de nouveau dans l’arme
du génie. Il fit, avec le grade de capitaine, les
campagnes de 1792 à 1798 et se distingua à la
bataille de Salenches le 10 août de cette année. Il
était lieutenant-colonel quand il prit sa retraite.
C’était avant 1813. Il fut créé chevalier de
Saint-Louis le 10.07.1816.
Homme de savoir,
il avait été reçu à Paris, le 19 mars 1808, membre
de l’Athénée de la langue française et, le 15 mars
1812, membre titulaire de l’Académie de Besançon…
Outre les écrits
que nous avons déjà cités, les Mémoires de
l’Académie de Besançon mentionnent de Silvestre-Duperron :
Notes sur la Hongrie, (on en réclamait la
publication) ; Discours sur le progrès des
sciences (on en trouve une analyse et des
fragments dans le cahier des séances publiques des
14 août et 5 décembre 1812. On connaît encore de
Silvestre un Éloge de l’Abbé Millot, de
l’Académie française, précepteur du duc d’Enghein,
dont le manuscrit autographe est à la bibliothèque
de Dole. Il a fait imprimer seulement Euristhée,
ou le démon de Pythagore, en 1822…
Louis François
Silvestre-Duperron mourut en 1830 à Villers-Farlay,
près de Poligny (Jura) âgé de quatre-vingt ans. Son
portrait, peint par M. Besson, conservateur du musée
de Dole, décore la bibliothèque de cette ville.
Nota : il ne m’a
pas été possible de retrouver la tombe de cet
illustre personnage très certainement inhumé dans
l’ancien cimetière du village. D’autre part, j’ai pu
noter, à l’État civil de la Mairie de Villers Farlay
(où l’on reçoit un accueil toujours parfait et
efficace), deux naissances mais les dates on du
mal à coïncider… En effet, si ces deux enfants sont
bien fils d’un Louis François SILVESTRE DUPERRON,
ils ne sont pas fils de Bénigne Françoise CHAMPAGNE
son épouse décédée quelques années plus tôt mais d’Othilie
DAVID DE SAINT GEORGES. Notre Louis François avait à
ces dates, atteint l’âge de 70 et 73 ans…
À Villers Farlay
le 09.12.1820, la naissance de Louis Auguste
SILVESTRE DUPERRON. Il épousera Roseline
VALLAVIEILLE. Il est décédé à Villers Farlay le
07.01.1895. Il était ingénieur de première classe de
la Marine, Officier de la Légion d’Honneur, fils de
Othilie DAVID de SAINT GEORGES.
À Villers Farlay
toujours, le 05.01.1823, est né SILVESTRE DUPERRON
Pierre Henry Adolphe, fils de SILVESTRE DUPERRON
Louis François et d’Othilie DAVID de SAINT GEORGES ;
il deviendra semble-t-il artiste peintre de talent.
Tableau de Pierre
Henri Adolphe SILVESTRE DUPERRON : Scena romana

On peut se
demander pour quelle raisons cet important
personnage a choisi de s’installer dans ce
modeste et si agréable village qu’est Villers
Farlay, dans quelle demeure il vivait avec sa
famille. Mes recherches continuerons certes mais
si une ou un de nos lecteurs pouvait me placer
sur une piste, je l’en remercie par avance.
Rémy DEMOLY